Économie

Fin d’une ère, la Coupe du monde de vélo de montagne quittera le Mont-Sainte-Anne en 2026

Mont-Sainte-Anne, site historique du vélo de montagne en Amérique du Nord, ne figurera pas au calendrier de la Coupe du monde UCI en 2026. Depuis plus de 30 ans, cette étape attirait des athlètes internationaux et des milliers de spectateurs, contribuant au rayonnement du sport et au développement touristique de la région. Le retrait de Mont-Sainte-Anne laissera Whistler comme unique représentant canadien dans le calendrier de l’an prochain.

La décision de retirer Mont-Sainte-Anne du circuit s’expliquerait par une augmentation des droits exigés pour diffuser l’évènement. Warner Brothers Discovery, diffuseur officiel de la compétition, a fait passer ces droits de 22 000 $ en 2022 à près de 280 000 $ en 2025, avec des projections allant jusqu’à un million de dollars pour certaines autres étapes du circuit en 2026. Cette hausse des coûts aurait rendu l’organisation de l’étape locale difficile à maintenir pour le promoteur.

MOBILISATION

De nombreux acteurs se sont mobilisés depuis cette annonce avec l’objectif d’assurer le retour de la Coupe du monde en 2027 ou de trouver un nouvel évènement de même envergure pour combler le vide. Des espoirs modérés par le fondateur de l’épreuve, Patrice Drouin. D’après son expérience, lorsqu’une épreuve quitte un calendrier international, il devient très difficile de la retrouver. « Il faudrait que Whistler ne soit pas un grand succès, que les équipes demandent à revenir au Mont-Sainte-Anne et que la région s’organise pour aller chercher les sommes manquantes », dit-il. Il risque aussi d’être difficile de retrouver rapidement un succès équivalent dans un autre sport ou un autre type d’évènement. « On peut avoir de l’imagination et de la créativité, on l’a déjà fait, mais c’était des réflexions de plusieurs années. »

UNE PERTE AU-DELÀ DU SPORT

M. Drouin s’est d’ailleurs dit particulièrement déçu de cette perte. La région se priverait, selon lui, d’une épreuve classique comparable au Grand Prix de Monaco pour la Formule 1 ou à Wimbledon pour le tennis. Cinq millions $ en retombées seront certainement perdus, sans compter l’expertise bâtie depuis les trois dernières décennies.

UNE LEÇON À RETENIR

Pour Patrice Drouin, il ne fait aucun doute que des leçons doivent être retenues. Il admet qu’il faudra réfléchir à la concurrence dans la région. Celui-ci a d’ailleurs déposé, l’an dernier, une stratégie évènementielle à Développement Côte-de-Beaupré. Il faudra observer ce qui se fait ailleurs et réfléchir à ce que l’on peut faire pour obtenir et surtout maintenir des évènements de haute envergure.

UN LEGS INDÉNIABLE

M. Drouin affirme que la Coupe du monde a joué un rôle structurant dans le développement régional. Il vante la reconnaissance internationale attirant les amateurs de vélo de montagne dans la région, ainsi qu’une expertise éprouvée pour l’organisation de ce type d’évènement. Grâce à cela, la Côte-de-Beaupré a bénéficié, entre autres, d’un tourisme hors saison, de nouveaux résidents et d’une économie plus dynamique. Le rayonnement de la Coupe du monde aura dépassé l’aspect sportif.

Photo

Patrice Drouin, fondateur de l’événement. (Photo : gracieuseté Patrice Drouin)



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