La Ville de Château-Richer ira en référendum d’ici le 6 septembre concernant le projet d’acquisition du Vieux couvent. Un total de 622 citoyens en ont fait la demande, alors que le nombre requis était fixé à 389, lors de la signature de registre tenue le 25 mai. Les signataires se sont exprimés dans le cadre de l’adoption du règlement 662-26 décrétant une dépense et un emprunt n’excédant pas 1 297 000 $ pour l’aménagement intérieur de bureaux administratifs dans l’immeuble du Vieux couvent.
Lors de la séance parfois houleuse du conseil municipal du 11 mai, le conseiller municipal Maxime Roberge a proposé une résolution pour l’adoption de ce règlement qui fait partie d’un projet de 1,5 M$ qui vise aussi à aménager une zone de décontamination conforme aux normes de santé et de sécurité pour les pompiers volontaires dans la caserne d’incendie.
Par voie de communiqué émis le 28 mai, la Ville explique que la démarche vise à éviter la construction d’une nouvelle caserne, qui serait plus coûteuse. Elle contribue également à mettre en valeur et à utiliser de façon optimale les bâtiments existants. La possibilité de conserver des activités culturelles déjà présentes au Vieux couvent (le volet muséal et le Centre de généalogie, des archives et des biens culturels de Château-Richer), doit permettre d’optimiser les coûts liés à l’entretien et aux services.
Selon la Ville, le nouvel hôtel de ville offrira des installations modernes, fonctionnelles et mieux adaptées aux besoins de la population et de l’administration. L’accessibilité universelle sera améliorée, notamment par l’ajout d’un ascenseur, absent du bâtiment de l’actuel hôtel de ville.
La résolution a été adoptée sur division par quatre conseillers en faveur contre deux opposants soit Katia Cauchon et Caroline Patry-Joncas. Le règlement a été adopté trois jours plus tard.
M. Roberge a affirmé que le projet d’acquisition du Vieux couvent au coût symbolique de 1 $, auquel s’ajoute le remboursement d’une marge de crédit de 52 000 $, allait au-delà d’une transaction immobilière incluant des travaux à effectuer.
« Il s’agit d’un choix de vision visant à préserver notre patrimoine et planifier notre développement de notre économie locale. Le Vieux couvent représente un des symboles les plus forts de notre identité collective. Trois jours de visite ont permis aux citoyens de connaître les intentions du projet qui permettra au volet culturel de demeurer présent dans l’établissement. Nous souhaitons qu’il devienne accessible à tous afin d’un faire un lieu public au cœur du village », a commenté M. Roberge.
Aussi conseillère municipale, Guylaine Lefrançois a déclaré qu’elle avait constaté les préoccupations de citoyens sur les réseaux sociaux mais que la ville doit faire un legs du Vieux couvent aux générations futures.
« Le Vieux couvent abrite le seul centre de généalogie sur la Côte-de-Beaupré. Si la Ville acquiert l’édifice, elle pourra obtenir une subvention de 329 000 $ de la MRC de La Côte-de-Beaupré pour des travaux extérieurs estimés à 660 000 $ », a argué Mme Lefrançois.
Mme Cauchon a mentionné qu’elle ne s’objectait pas à l’aménagement d’une nouvelle caserne, ni à l’acquisition du Vieux couvent érigé en 1907. Elle estimait toutefois que l’emprunt de près de 1,3 M$ pourrait servir à l’entretien des routes de la ville.
La conseillère Patry-Joncas a voté contre stipulant que plusieurs résidents lui ont démontré de l’inquiétude face au projet. Elle croit aussi que l’argent devrait être investi dans les infrastructures qui en ont besoin. Elle ne souhaite pas que le Vieux couvent soit laissé à l’abandon.
Une citoyenne, Marie-France Bilocq, en a profité pour remettre une pétition de 500 signatures de personnes opposées au projet du conseil municipal.
Pour répondre aux inquiétudes de citoyens concernant l’emprunt, le maire Gino Pouliot a précisé que la Ville attend une subvention pour restaurer le mur de soutènement de la côte de l’Église et qu’un plan d’intervention des travaux routiers à prioriser a été présenté au ministère des Transports et de la Mobilité durable en 2025.
Sur les réseaux sociaux, M. Pouliot a précisé que l’impact sur le compte de taxes municipales s’élèverait à 34 $ si la Ville n’obtient pas de subvention pour le projet de la caserne.
La Ville attend une réponse de sa demande de subvention dans le cadre du Programme d'amélioration et de construction d'infrastructures municipales.
« Je tiens à remercier tous les citoyennes et les citoyens qui ont pris le temps de venir s’exprimer sur le règlement. Le conseil municipal se rencontrera dans les prochaines semaines afin de discuter des différentes options. Le conseil a notamment 120 jours qui suivent la date d’adoption du règlement pour tenir un référendum. La population de Château-Richer sera alors informée des décisions prises et des prochaines étapes », tient à souligner le maire Gino Pouliot.





