Voulant revoir sa façon de recueillir des informations sur les organismes demandeurs, Banques alimentaires du Québec doit poser de nombreuses questions à ses bénéficiaires à la demande de l’association provinciale qui chapeaute 1 400 organismes et gère annuellement 346 millions $ en denrées alimentaires. Cela passe par l’implantation d’un nouveau système informatique où l’ensemble des banques alimentaires devront fournir leurs données quotidiennes semant ainsi de l’inquiétude chez plusieurs organismes d’ici qui n’ont pas le personnel nécessaire pour le faire.
« On est conscient que c’est un effort de transition important. L’objectif est d'obtenir un portrait fidèle de la demande au gré des saisons pour remplacer le Bilan-Faim qui n’était qu’une photo au mois de mars chaque année. On est rendu là, le Bilan-Faim ça fait plus de 20 ans qu’on le fait, c’est dépassé comme méthode », ont affirmé dans les médias Élaine Côté, directrice générale de Moisson Québec, et le directeur général de Banques alimentaires du Québec, Martin Munger, en précisant que de cette façon, l'association Banques alimentaires du Québec espère que des statistiques plus précises permettront de convaincre plus de donateurs.
UN QUESTIONNAIRE QUI LAISSE PERPLEXE
Selon trois représentants d’organismes de l’arrondissement de Beauport, le problème est que cette nouvelle façon de faire pourrait prendre plus de temps, mais aussi freiner certains usagers. Une série de questions personnelles concernant, par exemple, l’état civil, la source de revenus ou le niveau de scolarité devront être posées à la clientèle pour avoir accès aux banques alimentaires et les réponses et statistiques compilées dans un formulaire.
« Entraide Agapè soutient entre 250 à 300 ménages par semaine. Ce nouveau système apporte une lourdeur et une charge mentale et monétaire supplémentaires. Ça amène quelques insécurités car on peine à trouver des bénévoles pour nous aider », commente la directrice générale Lorinne Larouche qui a pris la relève de Daniel Régimbal il y a six mois.
Pour André Hébert,bénévole à Distribution alimentaire du Vieux Bourg, il s’agit d’un gros dossier qui force l’organisme composé essentiellement d’une dizaine de bénévoles de s’embarquer dans le système canadien qui demande une nouvelle façon de faire assidue à toutes les semaines en complétant un questionnaire assez lourd qui exige des entrevues de 30 minutes avec chaque bénéficiaire de services alimentaires. « Comme il n’y a pas de bénévoles ayant de la disponibilité à donner pour l’administration proprement dite, on a pu compter sur l’aide d’un employé en ce domaine de Cuisine collective Beauport avec qui on est affilié dans sa mission d’aide sociale et communautaire depuis quelques années. Environ une centaine de familles totalisant 250 personnes bénéficient de l’aide alimentaire aux deux semaines. Toutes les familles aidées devraient bientôt être enregistrées en ligne ».
Pour sa part, Richard Moisan, directeur vie communautaire au Patro Le Pivot, mentionne que l’organisme a fait appel à une bénévole pour les saisies de départ et que la suite se fait à la réception pour les saisies hebdomadaires et l’ajout de nouvelles familles. « Pour nous qui avons les ressources, ce travail a été long, mais une fois à jour ça va bien. Je peux comprendre pour un organisme entièrement géré par des bénévoles que ce n’est pas nécessairement facile à assimiler ».
Selon l’échéancier prévu, les organismes de la province devront s'y conformer d’ici la fin du mois de mars. S'ils ne le font pas, ils pourraient recevoir moins de denrées alimentaires, faute de statistiques pour les justifier.
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Directrice générale d’Entraide Agapè, Lorinne Larouche cherche des bénévoles pour la saisie d’informations et la compilation de statistiques exigées par le nouveau système informatique. (Photo : Michel Bédard)





