Moins étincelant que jadis, le contexte économique actuel impose son lot de défis. Les taux d’intérêt élevés et la volatilité des marchés boursiers n’ont pas fini de susciter des questionnements. Le Journal Ici l’Info s’est entretenu avec Yannick Tremblay, planificateur financier et directeur développement de marchés de la Caisse Desjardins de La Côte-de-Beaupré pour connaître les solutions possibles.
DES BAISSES DE TAUX D’INTERET EN VUE ?
« Des moments clés s’en viennent en avant de nous. Déjà, la FED (Banque centrale américaine) a émis un premier signal sur la fin des hausses de taux », observe M. Tremblay. Les prévisions économiques de Desjardins tablent sur six baisses possibles de 0,25 % chacune du taux directeur de la Banque du Canada en 2024.
Ces anticipations sont déjà reflétées dans les taux hypothécaires fixes en légère baisse depuis quelques temps. Il demeure cependant hasardeux de prévoir quand aura lieu la première baisse du taux directeur tant attendue. La prochaine rencontre du 6 mars de la Banque du Canada éclaircira ses intentions. M. Tremblay suggère de prioriser un taux hypothécaire variable si l’emprunteur peut assumer plus de risques dans son budget, et un taux hypothécaire fixe s’il recherche plutôt une stabilité. Il ne faut toutefois pas s’attendre à revoir de bas taux d’intérêt de sitôt.
REER : TOUJOURS LA MEILLEURE SOLUTION ?
« C’est une croyance fortement ancrée mais de moins en moins vraie. Le REER est avant tout un véhicule fiscal pour différer l’imposition dans le temps », selon M. Tremblay, qui souligne que d’autres outils financiers pourraient mieux convenir selon différentes situations financières personnelles. Le CELI peut s’avérer mieux s’il n’y a pas lieu de différer son imposition. Pour les aspirants propriétaires, le CELIAPP est un nouvel outil fiscal pour bâtir une mise de fonds nécessaire à l’acquisition d’une première propriété. Celui-ci combine les avantages du REER et du CELI, sans les inconvénients. Il permet notamment de déduire ses cotisations du revenu imposable, de faire croître ses placements à l’abri de l’impôt et de ne pas être imposé sur ses retraits pour l’achat d’une première habitation. « Ce produit a tout intérêt à être connu et devrait être abordé sans attendre avec son conseiller financier », souligne M. Tremblay.
LES BOURSES TOUJOURS INTERESSANTES ?
Après une année 2022 chaotique, les marchés boursiers ont plutôt bien performé en 2023. M. Tremblay soutient qu’un détenteur d’un portefeuille de placements diversifiés axés sur la croissance a généré un rendement global entre 7 et 12 %, soit un niveau supérieur à l’inflation. Au contraire, un investisseur ayant opté pour des produits à terme a probablement obtenu un rendement inférieur à l’inflation. « Nous avons reçu une bonne leçon en 2023. On ne doit pas être investisseur à temps partiel. Il ne faut jamais entrer et sortir du marché, mais plutôt tolérer ses variations », souligne-t-il.
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Yannick Tremblay est planificateur financier et directeur développement de marchés à la Caisse Desjardins de La-Côte-de-Beaupré (Photo : gracieuseté Caisse Desjardins de La-Côte-de-Beaupré).




