La question de la fusion des municipalités revient périodiquement dans le débat public. Cette fois, c’est la ministre des Affaires municipales, Geneviève Guilbault, qui a ravivé la discussion sur les ondes de Radio-Canada, le 2 novembre dernier.
Elle a affirmé que le regroupement municipal faisait partie de ses priorités d’ici les prochaines élections, justifiant cette idée par le nombre élevé d’élus proclamés sans opposition, le manque de candidats et la multiplication des petites municipalités, 1 091 au Québec.
UNE COÏNCIDENCE RÉVÉLATRICE
Quelques jours avant cette déclaration, Gilbert Lacasse, ancien éditeur du journal Le Soleil et résident de l’île, relançait lui aussi le débat dans une lettre publiée au Devoir. Selon lui, les municipalités insulaires gagneraient à être regroupées.
Sur l’Île d’Orléans, six municipalités se partagent un territoire d’à peine 7 000 habitants. L’île compte une quarantaine d’élus municipaux, soit un élu pour 173 résidents, l’un des ratios les plus élevés au Québec.
Rejoint par téléphone, M. Lacasse juge que le statu quo n’est plus défendable. « L’île compte toujours 42 élus pour quelque 8 000 habitants. On a plus d’élus à l’Île qu’à Montréal, Québec et Toronto ! », lance-t-il. Il croit que le gouvernement devrait revoir les conditions encadrant les regroupements municipaux, qu’il juge trop rigides pour permettre une fusion sans initiative locale. Il cite l’exemple de Gatineau, qu’il avait contribué à fusionner au début des années 2000 et qui, selon lui, « a depuis prospéré ».
PORTE FERMÉE A DOUBLE TOUR
En juillet dernier, dans un article du Soleil signé par Philippe Chabot, les élus de l’île s’étaient montrés fermement opposés à une fusion. La préfète de la MRC, Lina Labbé, y affirmait que la population y était défavorable. Elle évoquait aussi des enjeux financiers et administratifs, notamment la responsabilité du chemin Royal, actuellement entretenu par le gouvernement du Québec, qui serait transférée à une municipalité unifiée. Les élus préfèrent miser sur la mutualisation de certains services plutôt que sur une fusion complète.
UN DÉBAT TOUJOURS VIF
La lettre de M. Lacasse, partagée anonymement sur le groupe Facebook L’Info Île d’Orléans, a déclenché une discussion animée entre résidents. Près de 90 commentaires témoignent d’une population divisée. Parmi les arguments avancés, on note la couverture policière, la gestion du chemin Royal et, bien sûr, le nombre d’élus.
Entre les appels à la rationalisation et l’attachement à l’autonomie municipale, l’Île d’Orléans se retrouve encore une fois au cœur d’un débat plus vaste, celui de l’équilibre entre efficacité administrative et identité locale. Une chose est certaine, la question, elle, n’est pas près de disparaître.
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L’Île d’Orléans au cœur du débat sur les regroupements municipaux. (Photo : giggel)





